23.01.2012
LE SIONISTE PARTAGE DE L'EAU
Le rapport d'information pour la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale remis par le député socialiste Jean Glavany, décrit la question de l'eau comme "révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient"et provoque un tollé en Israël. Le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères Ygal Palmor, le dénonce et s'étrangle à la lecture « d'un verbe emprunt de propagande vicieuse, bien éloignée de l'esprit critique professionnel[...] sans prévenir ses collègues". Interrogé par Le Monde.fr, qui publie un article, son rapporteur, qui se dit ami d'Israël, nie avoir ajouté ce terme au dernier moment, mais de l'avoir fait en connaissance de cause et souhaite parler "du fond et pas de la forme du mot".
Effaçons par bienséance ce mot et trouvons lui un synonyme, pourra-t-il permettre de contredire ce constat ?. Certainement pas et ce pour la bonne raison que le problème du partage des eaux est un scandale qui est connu depuis fort longtemps. Dès le début des premières colonies juives en Palestine. Evidemment publier un état de fait que tout le monde connaît sans que personne ,pour des raisons politiques, ne réagisse, suscite du Quai d'Orsay une bien grande timidité,"nous n'avons pas l'habitude de commenter le contenu des rapports parlementaires"
Sur le fond donc, note le député socialiste, "Il faut savoir, par exemple, que les 450 000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d'eau que 2,3 millions de Palestiniens"et « environ 70 millions de m3 d'eau contre 222 millions de m3 pour les colons Israéliens".
Une ONG « Friends of the Earth Middle East » (qui rassemble Jordaniens, Israéliens et Palestiniens), n'hésite pas à dire et redire qu "Israël ne partage pas l'eau de façon équitable avec les Palestiniens". Elle parle également des graves problèmes sanitaires dûs à la mauvaise qualité de l'eau non municipale :, "il n'existe pas de contrôle : [elle] peut être contaminée, avec des conséquences pathologiques » D’autre part, Stéphanie Oudot (1) décrit l'image : "des piscines et des jardins arrosés du côté des colons, tandis qu'à côté, les Palestiniens se rendent au puits ». Elle cite également la question du Jourdain, détourné en amont par Israël, "ce qui rend les Palestiniens très dépendants d'Israël en eau potable" dit- elle.** Ceci est corroboré par Pierre Berthelot (2) qui n'hésite pas à dire : "Les Israéliens considèrent l'eau comme une question relevant de la sphère militaire, ce qui rend presque impossible les débats [...]. En effet , experts et ONG s'accordent pour considérer l'eau comme "un outil militaire" pour Israël comme l'affirme Mark Zeitoun,(3).
Dans le territoire de Gaza c'est bien plus grave, les gazaouites peuvent forer librement certes et sont nombreux à creuser leur puits, mais Israël étant en amont, les Israéliens pompent à tour de bras, il y a donc une surexploitation réelle" Les palestiniens pompent alors de l'eau rare, c'est de l'eau salée qui sort ici de terre et ne peuvent plus boire l'eau du robinet. Selon la Banque mondiale, à Gaza "seule 5 % à 10 % de l'aquifère correspond aux standards de qualité" Il ne reste comme solution que le dessalement des eaux, technologie plus qu'onéreuse pour le gouvernement de Gaza et que pratique Israël sur son territoire..
Abandonnons donc ce vilain mot et parlons de ségrégation de la distribution de l'eau comme le titre d'un post de mon blog. http://palestineconflit.hautetfort.com/archive/2009/10/09... où certains détails historiques de cette discrimination sont détaillés.
Les Israéliens, qui je le rappelle, sont victimes eux-aussi du sionisme, oblige ses gouvernements à se conduire ainsi pour survivre dans un environnement hostile, tant politique qu'écologique. Les richesses naturelles appartiennent donc au plus fort et là aussi dans ce domaine la force prime le droit « au nez et à la barbe » du monde entier. Dans ces conditions, puisque rien ne bougera, le rétablissement de l'équité dans tous les domaines aux Proche-Orient et surtout dans les territoires occupés n'est pas pour demain. La Palestine à l'Unesco n'y changera rien.
Anecdote. Herzl proposa “ingénument” comme terre d’accueil de la diaspora la presqu’île du Sinaï. Le gouvernement britannique engagea des pourparlers facilitant le travail d’une commission sioniste chargée d’obtenir du gouvernement égyptien l’autorisation nécessaire. L’Egypte, sous occupation britannique, est incapable de refuser les propositions des autorités occupantes. Néanmoins Boutros Ghali pacha, ministre des Affaires étrangères de l’époque, parvient à refuser cette concession en terme diplomatique. En voici l’esprit : “Nous avons étudié attentivement le rapport de la commission chargée de faire des investigations pour l’établissement d’une colonie israélite dans la péninsule du Sinaï. Selon l’opinion qui ressort, cette région, celle de la plaine de Péluse, dans les conditions actuelles est inapte à une colonisation d’européens.”. Les conditions exigées, en matières de santé (paludisme) et d'hygiène prévoyaient l’envoi pour des travaux préliminaires, de fellahs plus aptes à supporter le climat que les Européens. !! Ces travaux consistant d’après la commission à conduire l’eau du Nil par un siphon construit sous le canal de Suez. Cette proposition était inacceptable. “ Je regrette de vous informer que, pour toutes ces raisons, le Gouvernement de Sa Hautesse ne peut donner une réponse favorable à votre proposition qui doit être considérée comme définitivement écartée.”
**Dans une de mes recherches sur ce problème je notais en 2003 ceci : Israël recherche d’autres sources (illicites) d’approvisionnement, par exemple le siphonnage de la nappe phréatique cisjordanienne, et va encore plus loin, en effet il prend chaque année 100 millions de m³ d'eau du fleuve Yarmouk qui trouve sa source sur les hauteurs du Golan. Il détourne le Jourdain en amont du Lac de Tibériade, laissant seulement un filet d'eau polluée en aval.
(1) Adjointe au département eau et assainissement à l'Agence française du développement. Cette spécialiste des questions d'eau a travaillé pendant sept ans comme chef de projet dans la région.
(2) Chercheur associé à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS), Chargé du séminaire géopolitique du Proche et Moyen‐Orient à l'Institut d'études européennes (Paris VIII)
(3) Chercheur à l'université d'East Anglia en Grande-Bretagne
Un bain "Maure" en Palestine.
22:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sionisme? palestine? rapport glavany, eau, appartheid
02.11.2011
ISRAËL AU BAN DES NATIONS ET LA PALESTINE AUX BANCS DE L'UNESCO.
La délégation palestienne à l'annonce du résultat du vote.
L'Unesco avec un oui massif vient d'admettre la Palestine en son sein et déjà les sanctions et menaces tombent. Au nom de quoi cette admission enflamme l'opinion internationale, la presse écrite ou électronique ?. Chacun des acteurs et observateurs de la situation au Proche-Orient et un grand nombre d'internautes savent bien que cela ne fera pas « avancer le bouchon » et que jamais Israël n'acceptera pas un Etat Palestinien, qui de toute façon ne serait pas viable. Pour qu'il le soit il faudrait rééquilibrer les territoires et retracer les frontières, ce qui est impossible pour l'Etat hébreu, sinon de revenir sur la faute originelle du sionisme et les conditions de la création de cet Etat tant soit peu artificiel. Mais reste néanmoins un avertissement retentissant, mais sans frais, à Tel-Aviv qui comme d'habitude n'entendra rien.
Les réactions américaines
Les Etats-Unis, comme annoncé, ont voté contre la résolution, car pour l'administration Obama cette admission est prématurée. Et ont déclaré la suspension de leurs versements à l'Unesco. "Nous devions effectuer un versement de 60 millions de dollars […] en novembre et nous ne le ferons pas", a déclaré la porte-parole du département d'Etat.
Ainsi donc l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, sera privé de cette aide ce qui va grever sont budget d'environ 22%. Après l'avoir boycotté pendant 20 ans (1984-2003) pour protester contre sa mauvaise gestion et son idéologie tiers-mondiste, les Etats-Unis y participaient activement voyant là un moyen de diffuser certaines valeurs occidentales.
Devant le dilemme constitué par cette annonce et le sentiment plutôt favorable du peuple américain -ainsi que celui de l'opinion internationale-, les experts du département d'Etat rappellent l'existence de deux lois américaines de 1990 et 1994 interdisant le financement de toutes agences spécialisées des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat membre à part entière en l'absence d'accord de paix avec Israël ; Deux lois iniques qu'il faudrait vite abroger.
La presse américaine soutient la position de Washington, le quotidien conservateur « Washington Times » par exemple : "Il n'y a pas et il n'y a jamais eu un pays appelé Palestine et n'existera pas ". Et de revenir sur les vieux clichés pourtant éculés qui vont se retrouver sur les commentaires qui suivront ce post : l'appartenance biblique donc légitime de la Palestine contemporaine aux juifs du monde entier. Et madame Blomfield de CNN de dire : « ce terroriste et chef palestinien Yasser Arafat a inventé un peuple qui n'a jamais existé ». Encore ce vieux truc ressassé qui marche encore, comme si le moindre fellah ne savait pas que le sentiment national palestinien est né de l'occupation des terres ancestrales par des étrangers venus pour beaucoup d'Europe centrale. Lesquels qui n'avaient guère de racines communes sinon la religieuse, avec les juifs autochtones qui vivaient en paix avec les musulmans et chrétiens,
Et certains médias américains de prévoir que les Israéliens pourraient rendre la vie des Palestiniens encore plus difficile en renforçant la sécurité et en étendant les colonies, ne rejetant pas l'éventualité de la perte de l'aide directe des Etats-Unis pourraient bien mettre en danger le succès de l'économie palestinienne qui a prévu de croître de 7 %". Et ils avaient raison !!
Réactions israéliennes.
Considérant qu'il s'agit "manoeuvre unilatérale" des Palestiniens, Israël a averti que les pays qui ont soutenu la demande palestinienne, verront leur influence sur l'Etat hébreu affaiblie. Selon un responsable anonyme, interrogé par le quotidien Haaretz, le gouvernement n'exclut pas de suspendre le transfert des fonds qu'il collecte pour l'Autorité palestinienne [1] En représailles supplémentaires, 2250 logements supplémentaires seront construits à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, « [colonies] qui resteront israéliennes dans tout accord futur de paix », a précisé le bureau de Netanyahou.
On se demande pourquoi les dirigeants israéliens prennent de telles sanctions inacceptables, mais révélatrices d'une certaine fourberie. Si j'ai bien compris, c'est la majorité des pays membres qui ont voté, Abbas ne s'est pas emparé d'un siège de force. ! Les Israéliens craignent en réalité que cela soit les prémisses d'une entrée dans d'autres instances comme la Cour pénale internationale. Pourraient-on voir les responsables de la tuerie étatique sur Gaza à la Haye ?
Réactions palestiniennes
De leur côté les Palestiniens estiment avoir remporté un joli succès diplomatique qui leur donne une certaine légitimité sur le plan international. Pour illustrer cette démarche fructueuse, ils avancent la possibilité que les Lieux Saints, puissent enfin être admis comme patrimoine de l'Humanité et protéger l'ensemble du patrimoine historique et culturel de la région. Le chef de la diplomatie palestinienne a déclaré : «La Palestine est le berceau des religions et des civilisations [...] et permettra d’effacer une infime partie de l’injustice faite au peuple palestinien ».
Réactions françaises.
La France a subitement changé d'avis et voté pour, contrairement à l'Allemagne et l'Italie. Il semblerait que les Français de droite comme de gauche et les instances politiques, soient satisfaits de ce vote et du succès de la démarche.
Par contre, l'Union des patrons et des professionnels juifs de France note avec effroi que « la France a voté comme la majorité des républiques bananières qui siègent à l'Unesco » [...] « Monsieur le Président, est-ce que la prochaine étape de votre action au Proche-Orient sera la reconnaissance du Hezbollah et du Hamas, comme associations caritatives ? » Outre l'absurdité de l'amalgame, on se demande quel est le rapport entre l'activité d'un groupe confessionnel de patrons français et l'Unesco...Tandis que les Palestiniens ont remercié Paris lors d'une visite de Nathalie Kosciusko-Morizet, en Cisjordanie.
Cet exploit diplomatique aura-t-il un impact sur l'étude de l'admission de la Palestine comme membre de l'ONU qui sera examinée à partir du 11 novembre ? Pour ma part, ce succès est évidemment d'abord symbolique, mais aussi tactique. On peut écrire ça comme ça, mais l'expérience atteste qu'il en faudra plus que cela pour pousser Israël à autoriser, c'est le mot, la création d'un Etat palestinien, qui je le répète n'est pas viable dans l'étalage des propositions fallacieuses de frontières.
[1] Ces fonds, d'un montant d'environ 50 millions de dollars par mois, correspondent au remboursement des droits de douane et de TVA prélevés sur les produits destinés aux Palestiniens qui transitent par les ports et aéroports israéliens. Ils assurent 30% du budget de l'Autorité palestinienne et permettent de payer 140.000 fonctionnaires.
17:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2011
LE SOLDAT SHALIT
Le sergent Shalit
La détention d'un prisonnier de guerre sans les droits fondamentaux auxquels il a droit est contraire aux accords internationaux et au bon sens. C'est pourquoi j'ai toujours été partisan de la libération de ce soldat dont les conditions de détention sont difficiles, en contrepartie de celles des centaines de prisonniers palestiniens.
Lors du cinquième anniversaire de sa captivité le monde entier s'est mobilisé pour sa libération. La Maison Blanche a appelé le Hamas à le libérer "immédiatement" et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également demandé sa "libération immédiate". La Croix-Rouge qui n'a jamais eu accès au soldat, craignait même pour sa vie et demanda des preuves de son existence.
Le Hamas rétorquait : "Nous n'envisagerons de résoudre le cas de Shalit que si le problème des prisonniers palestiniens enfermés dans les geôles de l'occupant est réglé". Il est vrai que les conditions d'internement de palestiniens ne sont pas trop « civilisées » comme l'a signalé Amnesty International.
Le Hamas également avait fêté l’événement en réalisant une mascarade offerte à la foule, qui le discrédite encore un peu plus : dans une fausse cellule on a enfermé un homme déguisé en soldat israélien devant un gâteau d'anniversaire! Netanyahu toujours aussi borné ou électoraliste, avait promis à cette occasion un durcissement des conditions des prisonniers palestiniens en Israël. Il a osé dire «que la fête est finie», les geôles israéliennes étant certainement des clubs de vacances.
Les parents de Shalit manifestaient en Israël pour faire pression sur le gouvernement pour qu'il accepte les demandes d'échanges de prisonniers du Hamas et qui seraient soutenus par leurs concitoyens. Ils ont également porté plainte à Paris pour enlèvement et séquestrations, En effet ce jeune militaire bénéficie de la double nationalité , c'est pourquoi dans une lettre adressée aux parents, Sarkozy écrivait «La France ne vous abandonnera pas à votre sort et n'aura de cesse d'agir, avec d'autres y compris dans le monde arabe, pour que finisse ce calvaire injustifiable».
Pour éviter tout malentendu, je tiens à préciser que ce caporal (devenu sergent pendant son incarcération) tankiste en opération près de la bande de Gaza lorsqu'il fut capturé en 2006, est un bien un prisonnier de guerre, contrairement à ce que disent les gouvernements successifs israéliens pour qui il n'est question que « d'enlèvement” ou encore de “kidnapping”. (1) Ce soldat portait un uniforme israélien et continue à le faire, il ne parle pas français et son père non plus et a obtenu la nationalité française par filiation avec ses grands-parents, une demande déposée au consulat de France en Israël. Un militaire israélien incorporé malgré un faible profil médical (Washington Post ) qui de surcroît, porte sur ses épaules selon l'éthique que lui prête l'histoire officielle de « Tsahal », le poids des exactions de toutes sortes que commet ou a commis cette armée d'occupation. Par ailleurs certainement un jeune homme plutôt sympathique qui effectue gentiment ses obligations militaires et se trouve embringué dans une histoire qui lui échappe.
La disproportion de l'échange entre prisonniers peut paraître anormale , mais n'est-ce pas le prix à payer pour la même disparité entre le nombre de victimes de chaque côté.? Enfin n'oublions pas que deux jours après la capture de Shalit sera lancée l'opération « Pluie d'été » qui se soldera par des centaines de morts et par une vague d'arrestations de Palestiniens. D'autre part sur la totalité des détenus recensés, 272 sont en détention administrative, car Israël ne reconnaît pas aux détenus palestiniens le statut de prisonniers de guerre. Par contre, c'est l'armée qui régit les conditions de détention et notamment ce régime spécifique qui permet de détenir une personne durant une période qui peut atteindre six mois renouvelables, sans obligation de jugement.
Outre la belle opération médiatique du Hamas, qui gardait là un puissant moyen de pression, la question fondamentale reste en suspens : Marwan Barghouti l'un des dirigeants de la deuxième Intifada, très populaire et qui purge cinq peines de prison à perpétuité, fait-il partie de la liste des prisonniers palestiniens libérables ? Car l'enjeu est de taille, il s'agit du probable remplaçant de Mr Abbas . D'autre part le Hamas ira-t-il jusqu'à l'écarter, on peut le croire, aujourd'hui, son nom ne paraît pas dans la première liste.
Quant à Israël son but évident est de fragiliser l'A.P après sa demande d'admission à l'ONU en l 'opposant au Hamas et ensuite pour tenter d'effacer son image exécrable dans l'opinion publique. Néanmoins, Netanyahou devra faire face à la colère de ses concitoyens, car parmi les élargis peuvent se trouver les meurtriers de leurs fils. Mais, selon un sondage 79 % des Israéliens soutiennent l'échange, tandis que 14 % s'y opposent. A noter que malgré ses fanfaronnades, Israël négocie avec le Hamas qu'il considère comme mouvement terroriste.
Le président de l'Autorité palestinienne s'est félicité de cette libération et surtout de celle de 1.072 Palestiniens, mais il a aussitôt rappelé qu'il restera dans les geôles environ 5.000 de ses compatriotes.
Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec Benjamin Nétanyahou et l'a "félicité pour ce succès majeur"[...]un immense soulagement pour la France ». Et qu'il sera "bientôt" reçu à Paris. (Peut-être retrouvera-t-il des membres de sa famille française?) «Le fait que Gilad ait été reconnu Français depuis le début a beaucoup contribué, je pense, à le préserver en vie», a affirmé le chef de l'État. Personnellement, je pense la France a joué un rôle minime dans ce dénouement et que le Hamas se fiche comme d'un guigne que leur ex-prisonnier soit de très loin un peu également Français sur des papiers d'identités israéliens. Juppé a salué le "courage" des autorités israéliennes. "Il en fallait pour libérer un millier de prisonniers" a-t-il dit. Le Hamas attend toujours les mêmes félicitations, ainsi que l'Egypte pour qui, sans sa médiation rien ne se serait passé, subtilité de la diplomatie oblige.
Salah Hamouri
Par contre, l'opinion internationale ne s'est guère penchée sur le cas d'Hamouri bénéficiant lui aussi de la double nationalité (né de mère française et de père palestinien) détenu en Israël depuis six ans et condamné par un tribunal militaire pour avoir «projeté»d'assassiner le chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shass, le rabbin Ovadia Yossef. (2) Accusation fantaisiste aux yeux des experts juridiques internationaux. Seul, un comité de soutien continue à demander son jugement par un tribunal civil dans des conditions acceptables. Bien que son élargissement soit prévu pour novembre 2011, il aura été victime lui aussi d'un traitement inéquitable. A noter qu'en août 2009, Netanyahu, avait rejeté la demande de Sarkozy de le libérer.
(1) « Tribune juive » pouvait titrer en 2007 « SAUVONS AUSSI GILAD SHALIT
L’OTAGE FRANCO-ISRAELIEN »
(2) Le CRIF, avance que le cas de Salah et de Gilad ne sont pas comparables et de que Salah doit rester en prison car il « a été jugé pour complicité d’attentat ». Ce qui est donc faux, tentative !. D'autre part Alain Juppé sollicité avait reconnu que l’emprisonnement de Salah Hamouri n’était corroboré par « aucune preuve »
19:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : conflit israélo-palestinien, shalit, hammouri, échange de prisonniers
04.10.2011
LA MAITRISE ISRAELIENNE DE L’EAU REGIONALE

La première Intifada a été un mouvement de révolte devant la situation de l'époque, notamment sur la question de l’approvisionnement et la répartition de l'eau. Un pillage dont voici les grandes lignes. De cette époque. Le problème actuel est peut-être différent, (il y a des piscines en Cisjordanie occupée, un mauvais contre-argument brandi par les pro-sionistes. Serait-ce trop ) mais certains aspects subsistent dont on ne parle que rarement, un point sensible qui ne fait pas la Une des médias.
A/ L'accaparement.
a/ Dès les années 1890 les Sionistes tentèrent de faire figurer le Jourdain et le Litani sur les cartes de la Palestine et le Nil et l'Euphrate sur celles du Grand Israël. Les frontières proposées par les Sionistes après la Première Guerre mondiale partaient de la Méditerranée jusqu'à l'Est, vers le Golfe d'Aqaba en y incluant toutes les sources qui se jettent dans le Jourdain les affluents du Yarmouk.A la fin des 19e siècles et dans la première moitié du vingtième, tant dans la Palestine ottomane que sous le mandat britannique, l’administration autorisait tout propriétaire terrien à exploiter librement le sous-sol. Les premiers immigrants juifs ont donc développé des techniques de forage,qui existaient à leur arrivée, très rudimentaires, afin d'utiliser au mieux une ressource précieuse et indispensable à leur prospérité.
B/ En 1953, Israël annonce son intention de puiser dans les eaux du Jourdain pour irriguer le Néguev, ce qui déclenche un tollé parmi les pays riverains. A tel point qu' Eisenhower envoya un expert chargé d’élaborer un plan équitable de partage et en propose le financement. Mais les Israéliens refusent ce plan.
C/ L'une des premières dispositions prises par Israël, après la guerre de juin 1967, est d'appliquer aux Territoires occupés la loi israélienne de nationalisation sur l'eau datant de 1959, qui empêche les Palestiniens de disposer librement de leurs ressources hydrauliques. Un système de quotas fonctionne depuis 1975 dans les Territoires occupés. Immédiatement après la guerre des Six-jours, la Mekorot commença la construction d'un vaste réseau d'adduction destiné aux futurs colons. Un régime spécial est mis en place pour les “colonies planifiées” (sic): elles ont droit à une allocation d'eau en tant qu'utilisateurs collectifs, en y excluant les utilisateurs palestiniens. Les Israéliens bénéficient de l'eau courante toute l'année, les Palestiniens sont victimes de coupures arbitraires durant l'été, destinées à réaliser des économies d'eau au profit des colonies.
Sous des prétextes sécuritaires, ce système se renforce de l'injuste “loi des absents” et de la proclamation de “zones ou régions spéciales”. Conformément à l'ordonnance militaire sur la “propriété abandonnée” (ordre n° 58 de 1967), Israël prend possession de ces terres, expropriant de cette façon un nombre inconnu de puits qui étaient utilisés par les Palestiniens, ayant subi l'exode de 1948, et depuis considérés comme “absents”.
D/ En 1982 Sharon ordonna que l’eau de la Cisjordanie passe sous le contrôle de la Compagnie israélienne des Eaux, depuis, 92 % de l’eau est consommée par les colonies juives de peuplement. Pour les Palestiniens ce projet constituait un vol pur et simple, ce fut-là l’un des facteurs déclenchant de l’Intifada parmi d’autres. [1]
B/ Le droit international
L'administration israélienne contrôle la Mekorot et Tahal dont les objectifs communs sont le soutien exclusif des intérêts israéliens et placent les Territoires palestiniens dans une situation de dépendance. La pénurie actuelle est aussi le fait des négligences volontaires d'Israël dans le secteur hydraulique des Territoires occupés. Les agissements discriminatoires d'Israël constituent des violations des règles et des lois internationales.
a/ Ils bafouent la Convention de la Haye de 1907 selon laquelle la puissance occupante doit respecter les lois en vigueur avant l'occupation et qui établit que la propriété privée doit être respectée et ne saurait faire l'objet de confiscations.
b/ Israël bafoue la quatrième Convention de Genève, au sens de l'article 55, qui oblige toute puissance occupante à assurer la satisfaction des besoins de la population occupée et lui interdit toute réquisition.
C/ Les Règles d'Helsinki de 1966 définissent le principe d'utilisation équitable des ressources communes. Les ressources de l'aquifère montagneux de Cisjordanie et du bassin du Jourdain sont, selon ces règles, considérées comme des “eaux internationales” : l'utilisation de ces ressources doit donc être partagée entre Israéliens et Palestiniens. Israël estime jouir de droits historiques (et bibliques) légitimes sur l'aquifère.
L'utilisation des eaux palestiniennes et la non-satisfaction des besoins élémentaires des populations concernées sont des violations du droit international, car les besoins de la population palestinienne ne sont assurés qu'une fois les soins des colons juifs et de la population israélienne pris en compte.
A/ Négociations
L'échec du sommet de Camp David a mis un premier coup d'arrêt à l'application de toutes les résolutions précédentes dont certaines avaient été menées à bien et d'autres pas. Ainsi, le Comité sur l'eau avait été mis sur pied, mais le volume d'eau alloué aux Palestiniens en juin 2000, n'atteignait seulement la moitié de celui qui avait été prévu en 1995. Aucun document officiel n'indique l'état réel des négociations sur le partage de l'eau à Camp David II, comme qu'aux discussions de Taba en janvier 2001. B'Tselem (2) n'hésitait pas à écrire : « La politique hydraulique israélienne est directement responsable de la grave pénurie d'eau qui frappe les territoires palestiniens et s'emploie à démasquer la stratégie hydraulique israélienne conçue pour assurer l'approvisionnement prioritaire des colonies de peuplement et du réseau israélien, politique responsable de la pénurie d'eau dans les territoires occupés. Ce n'est qu'une fois » ses priorités assurées que les besoins des Palestiniens commencent à être pris en compte, à condition qu'ils n'entrent pas en conflit avec les intérêts d'Israël. Le rapport de la plus grande organisation israélienne de défense des droits de la personne confirme, discriminations institutionnalisées, négligences volontaires, interventionnisme arbitraire des droits les plus élémentaires de la population palestinienne sont bafoué. Cette organisation détaille la politique israélienne en matière d'eau. Ainsi, bien que les accords d'Oslo soient censés mettre un terme aux politiques restrictives israéliennes, dans la pratique, la mainmise israélienne se poursuit et la dépendance des Palestiniens à l'égard de la compagnie Mekorot s'est accentuée. En 1984, Thomas Stauffer, pouvait écrire : « que les coûts auxquels les Israéliens devraient faire face s'ils voulaient trouver le moyen de remplacer l'eau qu'ils puisent dans les Territoires occupés s'élèveraient à 2 milliards de $ par an. "Le prix à payer pour la paix »
Tout futur arrangement politique de la question de l'eau doit inclure le principe d'un transfert de l'eau du secteur agricole israélien vers la satisfaction des besoins des populations palestiniennes. De fait, la proportion de terres cultivées palestiniennes irriguées est bien inférieure à celle des terres israéliennes. Douloureux handicap pour l'agriculture palestinienne : les colonies irriguent 60% de leurs terres cultivables, contre 45 % en Israël et 6% en Cisjordanie. Les Palestiniens voient dans cette politique la volonté israélienne de les détacher progressivement de leur terre.
B/ Le mur
L'impact de la construction du Mur de l'Apartheid constitue un grave sujet d'inquiétude sur les ressources en eau dans les secteurs proches. Plusieurs puits cesseront d'être accessibles aux communautés proches du Mur. Dans un groupe de villages le Service palestinien d'Hydrologie a recensé 30 puits qui seront perdus dès la première phase de sa construction. Alimentés par la nappe aquifère occidentale, ils ont été creusés avant 1967. Avec eux, les Palestiniens vont perdre près de 18% de leur approvisionnement à partir de cette nappe aquifère. La population actuelle de Cisjordanie dispose de la même quantité d'eau d'origine souterraine que la population qui vivait là en 1967, alors que de nouveaux besoins sont apparus au cours des années d'occupation, que ce soit en matière de développement ou en matière d'hygiène.
C’est aussi pour cela que la guerre que l’Etat d’Israël mène aux Palestiniens est aussi une guerre essentielle, celle de l’eau, donc un facteur supplémentaire de déstabilisation régionale.
[1] Un projet allait encore plus loin dans ce sens, inique à tel point que Washington se mêla lui-même de la question ; en tant que puissance occupante, Israël pouvait, certes exploiter les sources de la région pour ses ressortissants, mais n’avait pas le droit de transférer cette eau sur son propre territoire. Ce projet fut abandonné par les sionistes.
[2] btselem-denonce-exploitation-eaux-jourdain-israel-depens-...
17:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conflit israélo-palestinien, eau du jurdain, eau, spoliation
24.09.2011
ARAFAT PROCLAME LA CREATION DE L'ETAT DE PALESTINE
16:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alger 1988, arafat.




