03.12.2009
ISRAEL AU PIED DU MUR
Le sionisme porte dans ses flans sa propre condamnation ou sa descente vers un régime totalitaire et nous n'en sommes pas loin. L'impossibilité par exemple de non seulement geler, mais de stopper, encore moins de supprimer la colonisation des territoires palestiniens de Cisjordanie est un parfait exemple. Pour amadouer son tuteur américain et adoucir auprès de l'opinion mondiale l'image d'Israël, Netanayou a lancé l'idée d'un gel temporaire des implantations, qui selon lui serait un signe de bonne volonté. Comme cela ne concerne pas Jérusalem-est annexée en 1967, on voit tout de suite l'inanité de cette mesure qui a le désavantage de ne plaire à personne notamment aux colons. (1)
«On préfère construire avec le gouvernement, mais sinon, on construira sans lui», explique le maire d'Efrat, une colonie au sud de Jérusalem. Rien ne nous empêchera de construire sur la terre d'Israël», clame le président de la principale organisation représentative des colons juifs qui s'oppose aux inspecteurs qui à travers la Cisjordanie s'assurent du respect de la mesure. Un de ces illuminés en appelle à la légende hébraïque « Nous avons surmonté les épreuves infligées par le pharaon, par Antiochos et Saladin, et nous survivrons à Obama » Comme si ce dernier n'était pas, forcément, de leur coté.
Nétanyahou connait la réactions des colons notamment des israélites intégristes depuis l'évacuation de Gaza certes, mais surtout leur puissance politique qui va bien au-delà de leur poids électoral. Il a donc cédé pour tenter de les calmer. «Je veux que cela soit clair pour les colons et tous les citoyens israéliens, pour nos voisins palestiniens et pour l'ensemble de la communauté internationale : cette décision est temporaire. Nous reprendrons la construction après le moratoire».
La véritable question est l'Etat Hébreu considère -t-il la Cisjordanie et Gaza comme un territoire hébraïque et donc disponible pour son extension. Ou un futur Etat palestinien où la notion de colonies deviendrait commune donc sous souveraineté palestinienne, comme la « colonie asiatique » à Chinatown et celle des colons français installés en forteresses dans certains pays africains.
Rappelons que cette colonisation, sauvage ou non, est l'un des motifs des Intifadas et le moment est venu pour moi d'en retracer les prémisses selon des notes prises en 2003, reprenant ainsi la chronologie de l'histoire du sionisme et de son déclin inexorable ou son cheminement vers un régime autoritaire.
INTIFADA
En langage journalistique la « Guerre des Pierres »
A la racine de l’Intifada se trouve le sentiment ou la quasi-certitude de la perte croissante de la terre elle-même et de toute perspective d’autonomie réelle et de souveraineté. En effet, la “doctrine Begin” sur les territoires cisjordaniens et de Gaza comporte un préalable juridique selon lequel la résolution 242 de l’O.N.U. ne s’applique pas à Israël en ce qui concerne la notion de Territoires Occupés. Outre les justifications mystiques concernant “Eretz Israël”, cette doctrine estime que juridiquement, la Cisjordanie n’appartient légalement à aucun Etat, et donc qu’elle n’est pas “occupée” par Israël. Prétexte invoqué pour ne pas respecter la quatrième Convention de Genève, alors qu'Israël a ratifié en 1951 cette Convention relative au fonctionnement des tribunaux et à la protection des personnes civiles dans les territoires occupés.
En effet Israël considère que ces territoires ne relevaient pas antérieurement d'un Etat souverain (pour Israël c'est l'Empire ottoman qui fut, jusqu'à 1919, ce dernier Etat souverain). Pour les sionistes, dans leur perspective constante du Grand Israël, il ne s'agit donc pas de territoires " occupés " ni même " administrés " mais de territoires " libérés «, " ressuscités " ! Et lorsque quelques lambeaux de ces territoires sont restitués aux Palestiniens, il s'agit d'une " offre ", d'un " don ", d'un " sacrifice " en faveur de la paix, consentis par " générosité " et auxquels ne répond qu'" ingratitude ".
D'autre part Israël n’est concerné par aucune des résolutions de l’O.N.U. antérieures à la résolution 242, puisque les Arabes ont rejeté la proposition de partage de l’ONU. Donc, conclut-on à Tel Aviv, primo, la Convention de Genève sur les Territoires occupés ne s’applique pas en ce cas. Secundo, la résolution 242 n’implique ni l’évacuation, ni le respect d’une entité palestinienne et tertio, le peuplement juif et les colonies agricoles en Cisjordanie (Judée-Samarie) sont donc légaux, même après Camp David, qui pour la droite israélienne sont dans le droit fil des lois internationales : libre circulation des biens et des personnes.
Si l’on veut bien rester dans cette logique : y a-t-il réciprocité ?
Les implantations ne sont-elles pas des ghettos comme c’est le cas à Hébron ? Les routes de contournements, ne sont certes pas éphémères, ne sont-elles pas un obstacle à la circulation ? De tels arguments démontrent la pauvreté de l'argumentation israélienne. Et les quelques démantèlements des implantations ne viennent-ils, à contrario, prouver leurs illégalités réelles.
Le terme de “colonie” ne doit leurrer personne. L’esprit des pionniers des années 20 et 30 n’existent plus, sauf chez une poignée de purs pour la plupart des israélites orthodoxes. Dès les années 80, Israël utilise, pour “remplir” les colonies, le ressort de la crise du logement. Ces implantations poussent partout, aux abords des villes et des villages palestiniens étouffés par ce garrot qui, chaque jour, se resserre d’un cran : pour eux l’édification de nouveaux logements devient impossible, l’extension naturelle des agglomérations irréalisables, les Palestiniens deviennent des étrangers sur leur propre terre.
En réalité les Palestiniens ne constituaient pas un facteur dans l’équation du Proche-Orient pour les sionistes historiques et leurs descendants, ce peuple arabe n’existait pas, tout simplement dans la conscience politique de la plupart des ressortissants de l’Etat hébreu. Les Palestiniens supportaient de moins en moins les ségrégations dont ils étaient victimes et l’arrogance qui les humiliait chaque jour davantage. L’insurrection fut le fruit de revendications nationales économiques et sociales qui de toute façon devaient déboucher sur une explosion. Une intervention plus massive et précoce de l'armée d'occupation aurait pu briser la vague initiale mais elle n’aurait pas changé les circonstances qui l’avaient fait naître. Une vaste rébellion devait éclater un jour ou l’autre.
(1) Actuellement, environ 300 000 colons vivent dans une centaine d'implantations en Cisjordanie, et 200 000 à Jérusalem-Est. Deux mille cinq cents logements sont par ailleurs en chantier.
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26.11.2009
GEL DES COLONIES JUIVES EN CISJORDANIE
Un échange de prisonniers pourrait, en vue de la libération du soldat israélien Gilad Shalit, détenu depuis plus de trois ans par le Hamas. Un ministre israélien a estimé qu'un accord est "très proche" [...] "Le prix à payer sera très élevé, mais je pense que le gouvernement l'approuvera. Cet accord prouvera à toutes les mères d'Israël que nous ne sommes pas prêts à abandonner un seul de nos soldats", a-il ajouté.
Il est question de l'échange, dont j'ai déjà parlé contre près de 500 Palestiniens selon une liste encore aujourd'hui secrète. D'où l'on reparle de Marwan Barghouthi, le véritable enjeu de ce jeu de cache-cache. "Son nom est sur la liste" a assuré à l'AFP sa famille. Par contre, un ministre israélien a affirmé qu'il ne serait "pas libéré", tandis que Ben Eliezer a répété qu'il était favorable, dans le cadre d'un accord d'échange, à son élargissement. Il semble que cela soit sérieux, car l'Egypte et l'Allemagne jouent un rôle majeur dans cette affaire, mais estiment qu'il faudra encore du temps pour clore positivement ce dossier.
Netanyahu, qui parle toujours d'enlèvement et non de prisonnier de guerre, déclare: "La question sera tranchée par le gouvernement et il y aura un débat à la Knesset" Il ajoute que le gouvernement a mis en garde l'opinion contre toutes nouvelles non contrôlées. La droite politique et religieuse hurle contre ce «négoce» qui encouragerait les terroristes.
De grandes manœuvres seraient-elles engagées ? L'espoir pourrait naître s'il n'existait pas le lourd contentieux entre les parties et la fourberie de la politique israélienne qui n'a aucune raison « d'accorder » le droit au Palestinien de créer un improbable pays, ni même d'envisager un traité de paix ou de non-agression. Abbas, stratagème ou pas, menace de démissionner et c'est certainement l'une des raisons qui poussent Israël à faire des annonces apparemment positives. Netanyahu propose une suspension partielle de la colonisation pendant dix mois en Judée-Samarie (Cisjordanie) occupé, afin de relancer le processus de paix, une offre déjà rejetée par les Palestiniens qui la jugent provocatrice. Ce geste "nous permet de montrer au monde une simple vérité, à savoir que le gouvernement israélien veut ouvrir des négociations avec les Palestiniens (...) et que ses intentions de parvenir à la paix sont sérieuses", a déclaré le premier ministre israélien qui ne manque pas de vergogne. En effet le « gel » ne concerne pas Jérusalem-est, capitale spirituelles des deux religions majoritaires de la région, une question non négociable pour les Palestiniens qui réclament donc un arrêt total de la colonisation à Jérusalem-est et en Cisjordanie. J'aimerai bien que l'on m'explique en quoi le gel des colonisations illégales peut relancer les pourparlers de paix.
La plus grande trouille aujourd'hui pour Tel-Aviv serait l'auto-dissolution de l'autorité palestinienne, car l'Etat hébreu devrait face à ses responsabilités d'occupant, c'est-à-dire administrer la Cisjordanie et pourquoi pas Gaza si les prochaines élections écartent le Hamas du pouvoir selon les accords internationaux. Une catastrophe politique sociale et économique. Mais pourquoi Israêl se plierait cette fois aux lois internationales ? (voir*)
Puisque nous sommes dans la politique fiction, il faut également se pencher sur une théorie développée par Georges Malbrunot (1) et parue dans le FIGARO.
En partant du chiffre des victimes du conflit fournis par B’Tselem :
-
8 881 le nombre de tués en deux décennies, la grande majorité – 7 398 sont Palestiniens, dont 1 537 mineurs.
-
Israël, de son côté, déplore 1 483 morts, (488 d'entre eux étaient des membres des forces de l'ordre et 995 des civils, dont 139 mineurs.
Et toujours selon cette organisation qui fête ses 20 ans, le chiffre des démolitions de maisons dans les territoires palestiniens occupés est aussi effrayant:
- 4 300 maisons ont été détruites parce que leur propriétaire ne possédait pas de permis de construire, ou à titre de punition. A ce total, il faut ajouter quelque 3 540 maisons, qui ont été rasées dans le cadre d'opérations militaires israéliennes.
Malbrunot soutien une thèse assez fragile : le faible chiffre des victimes israéliennes pousseraient certains décisionnaires sionistes à vouloir continuer de ne céder en rien aux exigences des Palestiniens, qui eux sont plus durement touchés et donc plus enclins à céder. Sur le plan économique, le coût de l’occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem-est est largement supporté par la communauté internationale – singulièrement de l’Union européenne – puisque c’est elle qui finance le budget de l’Autorité palestinienne. Ainsi comme le pensent certains observateurs, le coût que représenterait la paix avec les Palestiniens serait trop élevé pour Israël. Un raisonnement qui reste à justifier, mais plausible étant donné le refus systématique des Israéliens à de véritables négociations où chaque partie devrait faire des concessions et non pas la véritable provocation qu'est le développement des colonies Israéliennes notamment dans Jérusalem-Est, capitale religieuse des deux religions. Mieux encore, Netanyahu propose une suspension partielle des colonisations pendant dix mois en Cisjordanie, dans le but de relancer le processus de paix ! Mais ce gel ne s'appliquerait justement pas aux quartiers juifs à Jérusalem-est, alors que Mahmoud Abbas a réclamé un gel total de la construction des implantations. Petite question à ce sujet, je voudrais bien que l'on m'explique en quoi un gel de la colonisation illégale serait un pas vers la paix. Une ouverture ou un atermoiement ?
Outre les souffrances des Palestiniens et des Israéliens provoquées par ce conflit interminable, c'est la violation du droit international qui pose question. C'est la raison pour laquelle je prends parti dans ce conflit pour la cause palestinienne en rappelant sans cesse depuis 1967 que cette situation était prévisible dès la naissance du sionisme et des premieres implantations juives en terre arabes. Il y a certes d'autres causes à défendre, elles aussi victimes d'une telle injustice, laquelle il est vrai met en doute les instances internationales chargées d'assurer la paix dans le monde. D'autre part dans mes textes, vous trouverez de la compassion pour les deux parties, les Palestiniens qui n'ont rien demandé et à qui on a tout pris et les Israéliens de bases, rescapés des camps nazis et leurs descendants qui ont été trompés. Conséquence, seule la force prime et Obama ou non, la situation sans contrainte internationale perdurera. Le prix Nobel de la paix semble aujourd'hui frapper du poing sur la table, mais il rejoindra certainement le coin des présidents américains pieds et mains liés par des accords commerciaux, historiques et viscéraux avec Israël, en effet nul ne peut mettre en doute la puissance des lobbies juifs aux USA.
Quant à la proposition de Nicolas Sarkozy d'un sommet pour la paix, personne n'en parle plus. Encore une sarkolinade.
(1) Grand reporter au Figaro qui déclencha dans ses propos une attaque en règle des lecteurs.
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18.11.2009
JERUSALEM-EST
Comment on s'assoit sur son Histoire : des dirigeants israéliens ont menacé les Palestiniens de rétorsion, sans préciser les mesures, s’ils réclament la reconnaissance d’un Etat indépendant sans accord avec Israël. C'est cacher comment les sionistes ont créée leur Etat. A la « sauvette ».
Les pays arabes auront beau jeu de le rappeler tout en envisageant cette solution en appelant le conseil de sécurité à trancher. Les Palestiniens, qui ont suspendu les négociations il y a près d’un an après des années de tractations infructueuses, accusent les Israéliens d’être les premiers à mener «une action unilatérale» en créant des faits accomplis de colonisation, 500.000 Israéliens s’étant désormais installés en Cisjordanie (dont 200.000 à Jérusalem-est) Bien entendu, il s'agit là de fanfaronnades diplomatiques, mais pour l'opinion publique, ou du moins celle qui a un peu de mémoire, c'est la prendre pour une oie.
Les Palestiniens ont néanmoins l’intention de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir son soutien en faveur de la création d’un Etat palestinien indépendant dans les frontières de juin 1967. Pourquoi celles de 1947 ?) Ce qui équivaut à pisser dans un violon, car les Etats-Unis ont réaffirmé leur opposition à une proclamation unilatérale d’un Etat palestinien, en soulignant qui devrait naître par la négociation entre Israël et les Palestiniens. Des anges ces politiques américains !
La France a fait savoir qu’«une démarche unilatérale pourrait être préjudiciable à l’établissement de cet Etat (palestinien) que nous appelons de nos vœux». L'Union européenne refuse elle aussi de soutenir le projet palestinien? Elle estime une telle démarche "prématurée".
Netanyahu, en plaisantant je l'espère malgré la gravité du conflit, lance : «Toute action unilatérale défera la trame des accords passés et entraînera des actions unilatérales d’Israël» [appelle] l’Autorité palestinienne à reprendre la négociation, gelée depuis plus d’un an, «sans condition préalable». C'est-à-dire sur les bases de la situation actuelle (et encore !) inacceptable. Le Likoud, lui, a énuméré toute une série de mesures de rétorsion qu’Israël pourrait prendre, y compris l’annexion unilatérale de blocs de colonies en Cisjordanie, le but sioniste recherché en réalité, il suiffit d'attendre un motif bidon pour pouvoir le faire.
Du côté palestinien on accuse Israël de «chercher des prétextes pour s’opposer à l’établissement d’un Etat palestinien» [..]«La réponse du Premier ministre est un aveu que l’actuel gouvernement israélien ne veut pas la paix»..
Quelles sont les raisons profondes qui poussent les pays occidentaux à reculer devant l'évidence ? La pression exercée par Israël qui aurait tant de puissance au point de se foutre des décisions internationales prises ou à prendre à son encontre ? Ce conflit va t-il pourrir la situation géopolitique pendant encore longtemps ? Israël va-t-il une foi pour toute franchir le rubicond? Réinvestir Gaza et la Cisjordanie et repousser les Palestiniens derrière la frontière Jordanienne ?
A peu près assurés de l'immobilité de leurs partenaires occidentaux, les dirigeantsisraéliens, n'auront plus qu'un souci, se battre encore une fois contre la rébellion arabe tellement légitime qu'il faudra bien alors que l'ONU se bouge les fesses.
D'ailleurs ils se moquent du monde en déposant un projet de construction de 900 unités d'habitation à Gilo, quartier juif de Jérusalem-Est (annexée en 1967) que les Palestiniens revendiquent donc, là où vivent déjà 40.000 juifs. (1) Les promoteurs déclenchent les critiques des Palestiniens, mais aussi une dénonciation particulièrement virulente de la part des Etats-Unis, qui ont jugé cela "consternant". Des « paroles verbales » bien entendu.
L'Angleterre a été très claire, elle condamne cette décision. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon estime que "de telles actions mettent à mal les efforts en vue de la paix et mettent en doute la viabilité de la solution de deux Etats". Nous attendons une réaction de Mr Kouchner...
Une question se pose, (surtout à moi) pourquoi parler autant de ce sujet alors que d'autres méritent autant d'attention, ne serait-ce pas l'un des motifs de la raison d'être de l'antisémitisme ? Je réponds toujours que ce conflit est porteur de risque de conflagration mondiale, que la justice est bafouée par un Etat sourd aux injonctions internationales, un exemple pour les régimes non-démocratiques ou bananiers qui se balancent pas mal des intimations de l'ONU et qui jusqu'en France apporte des motifs de frictions entre populations. Notons que la lutte contre l'apartheid recevait les mêmes critiques. On en parlait trop.
Ce sujet préoccupe effectivement certains d'entre nous, les Français de confession juive qui voient à travers le prisme de l'attachement à Israël de l'antisémitisme partout.Antisioniste Oui. Antisémite? NON, par contre si vous me parlez du judaïsme et de ses extrémistes, je peux chanter une autre Chanson. Antisioniste Oui. Antisémite? NON, par contre si vous me parlez du judaïsme et de ses extrémistes, je peux chanter une autre Chanson.
En France, dans les banlieues il existe à coté d'un antisémitisme primaire, une nouvelle forme de cette haine, celle des « communautés » de jeunes d'origine maghrébine récente, envers les « communautés » française de confession ou de familles juives qui ne sont pas , bien entendu d'origine israélienne. Les premiers prenant prétexte du conflit israélo-palestinien agressent un ennemi imaginaire que représente à leurs yeux la moindre kippa qui passe. Et les seconds souvent par réflexe, prennent fait et cause pour Israël sans connaissances particulières, les uns et les autres des raisons du conflit.
Je suis fréquemment insulté et traité d'antisémite, quelquefois sous mots couverts, lorsque j'interviens sur ce sujet. Alors que, pacifiste et humaniste pur, je suis pour la création d'un Etat binational ou juifs et musulmans, catholiques ou athées devront vivre ensemble. Où se trouve l'antisémitisme dans ce propos ? Je ne fais surtout pas partie des agresseurs de porteur de kippa, même pour les cérémonies traditionnelles, je ne vais tout de même pas m'en prendre à des membres de ma famille !
Ce sujet est l'un des propos échangés dans l'émission de Ruquier entre R.Menard et E. Levy à l'occasion de la sortie d'un essai commun sur justement l'antisémitisme en France. Pour eux que cela intéresse voici le lien.
(1) Dans un communiqué, les services du Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou réaffirme que "le quartier de Gilo est partie intégrante de Jérusalem".
14:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : israël, palestine, conflit israélo-palestinienn sionisme
12.11.2009
YASSER ARAFAT
L'une des conséquences, prévisibles de l'invasion sioniste, fut la naissance du nationalisme palestinien qui débuta d'ailleurs, dans les années trente, mais c'est à la création de l'Etat hébreu que ce sentiment s'est structuré. Cette quête de l'auto-détermination qui partout dans le monde a été couronné de succès, a été marqué par un désir de détachement des autres pays arabes donc la création d'un pays qui avait et a encore une orientation laïque et démocratique. Yasser Arafat, comme tous les leaders de l'indépendance fut un symbole pour avoir occupé le leadership de la lutte contre l'envahisseur.
YASSER ARAFAT, LE LEADER PALESTINIEN
Né en 1929 à Jérusalem d’une famille de notable de Jérusalem, les Husseini, Yasser Arafat, de son vrai nom Abel Rauf Arafat al-Qudwa ou bien Muhammad Arafat al-Qudwa al-Husseini s’installe au Caire en 1938. Tôt engagé dans la lutte contre l’État d’Israël dès la première guerre de 1948, il suit l’entraînement des fedayin. En réalité il n’aurait pas participé (contrairement à sa propre légende à la guerre de Palestine en 1947-1948) sinon en acheminant des explosifs et des armes. C’est ainsi qu’il entre en relation, dès 1950, après avoir médité sur l’histoire palestinienne populaire, avec les Frères musulmans d’Égypte avec lesquels il participe à la guérilla dans la zone du canal de Suez en 1951-1952. A cette époque il devient Président des étudiants palestiniens, tout en poursuivant des études, réussies, d’ingénieur civil. En 1953, jour anniversaire de la défaite des armées arabes en 1948, il présente à Nasser une pétition qui portait une seule phrase écrite avec son sang : “ N’oubliez pas la Palestine ”. Il mesurera l’importance à la fois de la dépendance et de l’indépendance par rapport aux États arabes et, à partir de 1954, par rapport à leur leader Nasser, il participe à la guerre de Suez dans les rangs de l’armée égyptienne comme officier de réserve égyptien, avant de suivre un stage dans l’Algérie de Ben Bella en 1964.
En décembre 1956, il fonde à Gaza encore occupée militairement par les troupes israéliennes avec son ami Salah Khalaf, un Mouvement de libération de la Palestine (M.L.P.) appelé al-Fatah (conquête) l’année suivante qui intégrera en 1965 l’OLP. Ce programme se démarque le plus possible de celui de Nasser :
- Nécessité de la révolte violente ;
- Abolition de l’entité sioniste dans toutes ses institutions ;
- L’indépendance de la lutte palestinienne vis-à-vis des États et des partis ;
Cette discrète mais franche revendication d’indépendance palestinienne va permettre à Arafat de cristalliser peu à peu autour de son mouvement, les aspirations parfois assez différentes, de toutes les fractions de la dispersion palestinienne. L’organisation armée du Fath est à cette époque mise sur pied et s’entraîne à Bagdad. En 1957, Arafat s’installe au Koweit parmi la petite et moyenne bourgeoisie déjà présente, d’où il dirige de nombreux raids en territoire israélien. Dès lors, son histoire s’identifie à celle du Fath, qui déborde l’O.L.P. sur sa gauche. C’est alors la montée en puissance de la guérilla du Fath, jointe à celle du Front populaire pour la libération de la Palestine (F.P.L.P.) de Georges Habache et soutenue par le gouvernement syrien d’alors. Auréolé de la gloire de la guérilla amplifiée, il prend la tête, en février 1969, de l’O.L.P. tout entière et de son comité exécutif, incarnant dès lors la lutte contre l’État d’Israël. Il mène de nombreux raids en territoire israélien, sous son nom de guerre, Abu Ammar, enfin, est soutenu dans son action par Nasser à partir de 1967. Arafat met l’accent sur les aspirations palestiniennes, reléguant au second plan les visées pan arabes de l’organisation. Il s’emploie ensuite à acquérir une reconnaissance internationale : il limite, à partir de 1974, les revendications palestiniennes aux territoires de Gaza et de la Cisjordanie. Il est alors convié par l’Organisation des Nations Unies à l’Assemblée générale sur la Palestine en 1974, devenant ainsi le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à intervenir à l’ONU. Son intervention a suscité dans le monde occidental beaucoup de réprobation outre celle d’Israël, celle des Etats-Unis mais aussi de la France. Yasser Arafat obtient la quasi-unanimité du Conseil national palestinien de mars 1977 qui le charge de restaurer les relations avec la Jordanie et de préparer la représentation palestinienne à la conférence de Genève pour la paix israélo-arabe. La Ligue arabe admet l’OLP en son sein en 1976.
Faute d’une entente pour la formation d’un gouvernement palestinien provisoire en 1977-1978, le Conseil national palestinien de janvier 1979 maintient Arafat qu’in extremis à son poste de rassembleur de toutes les tendances palestiniennes avec le pouvoir de consentir le maximum de concessions aux États constitués. Ceux-ci, en effet, contrôlent militairement de près toute activité et toute décision palestinienne, par l’intermédiaire de la Force arabe de dissuasion (F.A.D.) installée au Liban. Aussi, Arafat après un temps d’hésitation, se joint-il au Front de la fermeté qui ligue, depuis novembre 1978, la presque totalité des États arabes contre les accords cadres de Camp David et contre le traité de paix israélo-égyptien. Il rejette donc l’autonomie administrative palestinienne planifiée par ces accords pour les cinq années à venir en Cisjordanie et à Gaza. En 1982, Arafat quitte le sol libanais avec la totalité des fedayin du Liban et s’installe à Tunis.
Revenuu dans son pays Yasser Arafat représente alors les Palestiniens dans les différentes négociations de paix et signe les accords d'Oslo en 1993. Il devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la Paix 1994 en compagnie de Shimon Peres et Yitzhak Rabin.
À partir de 2001, après l'échec du sommet de Taba et le déclenchement de la Seconde Intifada, il perd progressivement de son crédit auprès d'une partie de son peuple qui lui reproche la corruption de son autorité. Il se retrouve isolé sur la scène internationale tandis que les Israéliens élisent Ariel Sharon au poste de Premier ministre de l'État d'Israël, amenant un durcissement de la position israélienne vis-à-vis du dirigeant palestinien contraint à ne plus quitter Ramallah. Cet isolement n'est rompu qu'à la veille de sa mort, quand il est emmené d'urgence à Clamart, en région parisienne, où il décède en 2004 dans des circonstances que certains jugent bizarres.
Alors que Mahmoud Abbas parle de lâcher la barre, on peut se demander qui pourrait remplacer ces deux dirigeants historiques de la lutte antisioniste. Je ne vois qu'un nom, Barghouti, lequel est en prison. !
11:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sionisme, israël, palestine, conflit israélo-palestinien
09.11.2009
L'AUTRE MUR
Sur cette photo on peut apercevoir la place que prend ce mur.
Celle d'en bas représente l'ouverture du mur de la honte en Cisjordanie
Décidément l'actualité prend de vitesse ce blog, je parlerais donc plus tard de la montée du nationalisme palestinien.
Un texte a été soumis au vote de l'assemblée générale de l'ONU et à une très grande majorité a été approuvé et donné lieu à une énième résolution qui enjoint les deux parties à ouvrir une enquête sur leurs agissements lors du dernier conflit de Gaza et leur donnait trois mois pour ouvrir des enquêtes sur les allégations de crimes de guerre. L'ONU prévoit que l'Assemblée fasse le point sur l'application de la résolution, avec la possibilité de "saisir d'autres organes pertinents de l'ONU, le Conseil de sécurité. Chiche ! (1) Sachant que Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité s'opposent à l'examen du rapport, tout cela me paraît être de la poudre aux yeux. Car Israël continuera à coloniser encore un peu plus la Cisjordanie en attendant de récupérer un jour ou l'autre Gaza.
Cette résolution, déposée par les pays arabes et non alignés, a recueilli 114 voix contre 18, avec 44 abstentions. Les Etats-Unis ont voté contre, la Russie s'est abstenue, la Chine a voté pour. L'Union européenne a voté en ordre dispersé, produisant cinq "oui", sept "non" et 15 abstentions (dont la France et la Grande-Bretagne).
Israël la rejette car « totalement coupée des réalités auxquelles Israël fait face sur le terrain", a affirmé le ministère des Affaires étrangères. Et se félicite du "grand nombre d'Etats qui ont voté contre ou se sont abstenus", ce qui prouve à ses yeux "que la résolution ne dispose pas du soutien de la majorité morale". Encore une invention jésuitique si j'ose dire, qui en dit long sur le moral qui prévaut dans l'exécutif israélien et qui même en suivant cette logique inepte est faux. Cet envahisseur est l'exemple type de l'immoralité.
"Israël, comme n'importe quelle autre nation démocratique, a le droit à l'autodéfense et va continuer à protéger la vie de ses citoyens face à la menace du terrorisme international". Et pour cela assassiner des centaines de civils et dévaster Gaza était un acte d'autodéfense contre le terrorisme internationale. Ce massacre est en soi un acte de terrorisme d'état, il n'a pas à tergiverser.
Les Européens tortillent du prose pour expliquer dans un communiqué, que la résolution "approuve" le rapport Goldstone , qu'ils estiment déséquilibré en défaveur d'Israël. Et de faire référence à l'arraisonnent par la marine israélienne d'un transport d'armes destinées au Hezbollah Libanais. Un amalgame qui de plus ne justifie en rien les tueries de l'armée israélienne. Comme si les sionistes n'avaient pas utilisé le même procédé, importation clandestine lors de l'interdiction internationales d'importer des armes en Palestine sous le mandat britannique.
Hillary Clinton avait créé la surprise en qualifiant le gel partiel (3 mois) de la colonisation proposé par Israël comme un «geste sans précédent» laissant ainsi entendre que Washington pourrait s’en contenter pour une reprise des négociations de paix. Lapsus , calcul, mais tollé général, il a fallu que l'administration américaine intervienne pour qu'elle mette un bémol à cette déclaration qui allait à contresens de la timide injonction d'Obama et de la ligne diplomatique internationale. Alors qu'un gel même total est une insulte à la face de l'opinion internationale et surtout des Palestiniens. Voilà une démonstration de ce que j'appelle la faute fondamentale du sionisme, la course effrénée vers une natalité que l'on ne trouve que chez les colons pratiquement tous ultra orthodoxes qu'il faut bien appeler intégristes. Continuer ces peuplements, ne pas rapatrier ces colons illégaux, c'est l'annonce de la chute du sionisme idéologique.
Quelques heures avant des entretiens entre Obama et Nétanyahou, la Maison Blanche a réaffirmé lundi 9 novembre qu'elle continuait à vouloir un arrêt de la colonisation juive et que sa position n'avait pas changé. "La politique du gouvernement des Etats-Unis, depuis des décennies, c'est : la colonisation, c'est fini; ce n'est pas une nouveauté de cette administration", a déclaré le porte-parole du président Obama.
Résolution ou pas les Palestiniens baissent les bras, Abbas parle de laisser tomber tandis que d'autres prendrons le relais : «On ne va pas continuer des négociations pour le seul plaisir de négocier" a déclaré mercredi à Ramallah le négociateur palestinien Saëb Erakat." Les Israéliens ont le choix: les colonies ou la paix. […] Si Netanyahou continue de construire 3000 logements, exclut Jérusalem et les bâtiments publics (d’un gel de la colonisation), la relance des négociations est mort-née.»
(1) Les résolutions de l'Assemblée générale n'ont pas le caractère contraignant de celles du Conseil de sécurité mais elles ont un poids moral, car elles représentent les vues de la majorité des Etats du monde.
(2)Les 27 pays de l'UE Ainsi l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont voté contre la résolution. L'Irlande, le Portugal, Malte, la Slovénie et Chypre l'ont adoptée. Les 13 autres dont la France et la Grande-Bretagne, se sont abstenus.
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