20.06.2010

RESOLUTIONS 181,242 DE L 'O.N.U ET ISRAEL

 

 

 

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Israël tient sa légitimité juridique de la résolution 181 de l'ONU. Quant aux dizaines d'autres Israël n'en a que faire. Qu'en est-il exactement ?

Le 29 novembre 1947 la résolution 181 est adoptée, le partage est recommandé pour le 1er août 1948, lorsque le mandat de Londres aura pris fin. La Grande-Bretagne s’est abstenue sur le vote, et décide de mettre fin à son mandat le 15 mai 1948, mais ne prendra pas part à l’application du plan, sans permettre aux Etats-Unis de prendre le relais pour assurer une transition pacifique.

Cette résolution, autrement dit, la proposition de partage aurait dû être accompagnée d'une proposition de référendum d'autodétermination et d'une consultation des pays voisins de la Palestine. Les sionistes violèrent cette résolution, qui prévoyait en plus une période de transition de deux ans (jusqu’en septembre 1949) pour mettre en place l’union économique. Ils tuèrent toute occasion de compromis, rien ne laisse penser que toute tentative de négociation était rejetée. Ils refusaient surtout la création d’un Etat palestinien. Ben Gourion avait tout de même négocié une partition de facto avec l’ Emir Abdallah de Jordanie qui lorgnait une partie du territoire et était d’accord avec les sionistes pour écraser la résistance palestinienne. Abdallah fut assassiné par un palestinien le 20 juillet 1951. Dans sa déclaration unilatérale d’indépendance, Israël n’avait pas prévu de fixer la taille qu’il aurait. Dans le texte de la déclaration d’indépendance de l’Etat juif, il n’est pas fait allusion à la résolution 181, ni des frontières, ceci dans l’optique de refuser la création d’un Etat Palestinien. Le texte prévoyait un “régime international spécial” pour Jérusalem et les Lieux saints de faire de la vieille Ville Sainte un corpus separatum des deux Etats envisagés, administré par les Nations Unies.

Plus tard Arafat fit paraître une Déclaration d’indépendance d’un “État de Palestine” en Cisjordanie et à Gaza seulement, reconnaissant pour la première fois la résolution 181 de l’O.N.U et remplit alors une des principales conditions imposées par les Nations Unies, partageant la Palestine et acceptant l’État d’Israël.

Ben Gourion affirmait “Après la formation d’une armée importante il faudra abolir cette partition et s’étendre à l’ensemble de la Palestine”. Il ajoutera en 1947, qu’après avoir accepté le plan de partage de l’Unscop il faudra envisager un découpage qui donnera une assurance absolue sur le contrôle qui restera dans les mains de la majorité juive. On ne peut pas être plus clair. Cette volonté, sous divers aspects est pérennisée par la politique expansionniste des divers gouvernements qui se sont succédé par la suite.

Il y a une autre résolution historique qui a été interprétée par Israël qui lui permettra de continuer d'appliquer sa politique expansioniste.

La résolution 242. (22 novembre 1967)

Sur l’initiative des soviétiques (formulée dès le 12 juin) une assemblée générale des Nations Unies pu se réunir, lors de laquelle le président Johnson fit un discours optimiste. Il s’opposait au retour immédiat à la situation antérieure aux hostilités et admettait que les troupes israéliennes devraient être retirées, sans préciser sur quelles positions. Au contraire Kossyguine faisant référence à l’impérialisme sioniste, se prononça avec violence contre Israël, déclara que ce pays était coupable d’agression et exigeait le retour sur les frontières de 1949, alors que les Américains acceptaient certaines annexions. Seule une résolution pakistanaise fut approuvée, elle demandait à Israël de rapporter toutes les mesures déjà prises pour modifier le statut de la ville de Jérusalem. L’Etat hébreu n’en tint aucun compte. Il fallait en sortir. Le 27 novembre 1967, le Conseil de sécurité approuva à l’unanimité un projet britannique, la résolution 242,

On fait souvent référence à cette résolution devenue célèbre d’abord sur son fond puis sur sa forme. Les Israéliens affirment qu’il y a une traduction française erronée du texte anglais de l’article 1, premier alinéa. (1) Dans la version originale on lit “ from territories occupied by Israéli armed forces during the recent conflict” et que la véritable traduction est de territoires et non des territoires. Ils feront remarquer que la résolution ne prescrit nullement l’évacuation des territoires occupés, puisque ceux-ci à l’époque, n’ont pas d’existences en droit international, ni du secteur oriental de Jérusalem, mais un retrait donc israélien. Cette polémique toujours en vigueur et qui est devenue la thèse officielle d’Israël.

On notera que la version française est logiquement en conformité avec la seconde phrase du préambule (voir plus bas) . Les résolutions ultérieures du conseil de sécurité concernant Israël tendront à confirmer l'interprétation de la version française. Par exemple la résolution 476 du 30 juin 1980 indique dans son point 1: "Réaffirme la nécessité impérieuse de mettre fin à l'occupation prolongée des territoires arabes occupés par Israël depuis 1967, y compris Jérusalem". La résolution 478 du 20 août 1980 reprend dans son point 1 exactement la même formulation.

Ces conquêtes territoriales prirent donc le nom de “Territoires occupés”. Toute cette fausse polémique est à remplacer dans son contexte, c’est-à-dire celui des conséquences de l’invasion par Israël de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

(1).

Résolution 242 (version française)

Le Conseil de sécurité,

Exprimant l’inquiétude que continue de lui causer la grave situation au Moyen-Orient, Soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’oeuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque Etat de la région de vivre en sécurité, Soulignant en outre que tous les Etats membres, en acceptant la Charte des Nations Unies, ont contracté l’engagement d’agir conformément à l’article 2 de la Charte :

I /Affirme que l’accomplissement de principes de la Charte exige l’instauration d’une paix juste et durable au Moyen Orient qui devrait comprendre l’application des deux principes suivants :

I / Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ;

2/ Cessation de toutes assertions de belligérance ou de tous états de belligérance et respect de la reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque Etat de la région et de leur droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues à l’abri de menaces ou d’actes de force ;

II / Affirme en outre la nécessité

a / De garantir la liberté de navigation sur les voies d’eaux internationales de la région ;

b / De réaliser un juste règlement du problème des réfugiés ;

c / De garantir l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique de chaque Etat de la région, par des mesures comportant des zones démilitarisées. »



 



Commentaires

Vous dysinformez et je vous conseille de lire Henry Cattan membre palestinien de la commission arabe de l'ONU durant l'automne 1947.

Vous ne faites pas la différence entre une résolution de l'assemblée générale et du conseil de sécurité.

Dans sa déclaration le "pas très clair" Arafat a fait l'impasse sur la clause "Jérusalem" de la 181.

Alors qu'il y avait des sionistes pacifistes ne voulant pas s'imposer à la majorité arabe, comme Buber et Magnes, l'entité sioniste est éthiquement inadmissible et juridiquement invalide.

7 des 33 voix "pour" de la résolution d' l'Assemblée générale de l'époque n'étaient pas libres, et de récentes ouvertures d'archives font dire à l'historien pourtant sioniste Benny Morris que des voix centre-américaines en particulier ont été achetées au sens propre avec de l'argent.

Écrit par : Jean-Marie | 21.06.2010

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Je ne suis pas historien et je ne désinforme certainement pas. Peut-être suis-je mal informé moi-même. Je confond peut-être en résumant mes propos une résolution de l'assemblée et celle du conseil de sécurité. Sinon...., nous sommes bien, d'accord sur le fond. Merci e vos précisions.

Écrit par : teddy | 21.06.2010

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